
M Keita, BS Keita, A Sogodogo, D Dembele, S Konate, C N'diaye, M Traore, Y Diallo, M Konate, D Goita, D Samake, M Traore, S Dao
31-07-2026
Introduction / Objectifs : La malnutrition aiguë sévère (MAS) demeure une cause majeure de morbidité et de mortalité chez les enfants de moins de cinq ans en Afrique subsaharienne. Au Mali, sa prévalence reste au-dessus des seuils d’alerte définis par l’OMS. L’infection à VIH, principalement transmise de la mère à l’enfant, constitue un facteur aggravant en raison de son impact sur l’immunité et l’état nutritionnel. Cette étude visait à déterminer la prévalence de la MAS chez les enfants de moins de cinq ans infectés par le VIH pris en charge au CSRéf de la Commune I du district de Bamako. Méthodologie : Nous avons réalisé une étude rétrospective descriptive à partir des dossiers médicaux des enfants de moins de cinq ans admis à l’URENI du CSRéf de la Commune I entre juin 2020 et juin 2023. Les enfants malnutris avec une sérologie VIH positive documentée ont été inclus. Les données sociodémographiques, cliniques et anthropométriques ont été extraites des registres et dossiers médicaux. Le diagnostic de la MAS a été établi selon les normes de l’OMS. Les données ont été analysées à l’aide du logiciel Excel. Résultats : Parmi 2015 enfants admis pour malnutrition aiguë, 67 (3,3 %) étaient infectés par le VIH. Parmi eux, 33 enfants disposaient de dossiers complets et ont été inclus dans l’analyse. Le sexe masculin prédominait (70 %) et la tranche d’âge de 13 à 24 mois était la plus représentée (51,5 %). La majorité des enfants provenait de la Commune I (57,6 %) et plus de la moitié des mères étaient non scolarisées (57,6 %). Le marasme constituait la forme clinique la plus fréquente (82 %). À la sortie, 79 % des enfants présentaient une amélioration de l’état nutritionnel, tandis que la mortalité était de 9 %. Les principales manifestations cliniques observées comprenaient la diarrhée, la fièvre et l’anorexie. Conclusion : La malnutrition aiguë sévère chez les enfants vivant avec le VIH reste une préoccupation majeure de santé publique. L’association entre infection à VIH et malnutrition expose à une morbidité élevée et à un risque accru de décès. Le faible nombre de dossiers exploitables souligne la nécessité de renforcer le dépistage systématique du VIH chez les enfants malnutris ainsi que l’amélioration de la qualité des données. Le renforcement de la prise en charge intégrée et de l’éducation des mères apparaît essentiel pour améliorer le pronostic.
Malnutrition aiguë sévère ; VIH/sida pédiatrique ; Prévalence ; Prise en charge ; Bamako ; Mali